Expérimentation du gendarme réserviste patrouilleur (GRP)

En 2023, le groupement de gendarmerie des Pyrénées-Atlantiques a expérimenté le dispositif de « gendarmerie réserviste patrouilleur ». Cette expérimentation est étendue au groupement de Charente-Maritime d’après une Note-express du 27 février 2024 issue de la direction générale de la gendarmerie nationale.


Ce sujet de discussion accompagne la publication sur https://www.gcommegendarme.fr/experimentation-du-gendarme-reserviste-patrouilleur-grp

Je suis abasourdi par ce projet.
Pour en avoir parlé avec plusieurs camarades d’actives, dont certains AMIP/MIP et/ou affectés/issus d’unités d’intervention, c’est en contradiction avec plusieurs fondamentaux de l’IP.
Sans parler des principes élémentaires de sécurité qui posent problème par simple bon sens…

3 « J'aime »

Je crois qu’en effet, tout le monde reste sans voix :sweat_smile:

Comme tu le dis, en totale contradiction avec ce qu’on nous dit habituellement…

Quand on voit certains réservistes qui pensent être des cow-boys…

2 « J'aime »

C’est vrai aussi des actives, Pauline :wink:

Même si je comprends l’objectif, et que j’imagine que des garde-fous seront mis en place pour éviter les cow-boys justement, je suis plus que mitigé également, et ce pour au moins 3 raisons :

  • avoir de l’armement chez soi est une contrainte et cela peut être un risque pour ses enfants ou ses proches. Tout licencié FF Tir ou chasseur le sait, mais tous les réservistes ne sont pas licenciés. Et il y a une différence entre avoir une arme en patrouille et une arme chez soi,

  • avoir de l’armement chez soi peut attirer les cambriolages ciblés (ou home jacking) …

  • et surtout, on m’a toujours appris que l’unité élémentaire à l’armée est le binôme. Dans la théorie, ce GRP serait envoyé sur des missions jugées sans risque. Mais la théorie s’emmêle souvent quand la pratique s’en mêle … Et quid de bandes organisées qui profiteraient de ce système pour attirer un camarade dans un guet-apens ?

3 « J'aime »

Il reste un minorité et heureusement !
Personnellement je suis réserviste et je suis pas tout à fait pour, car la FORT n’est pas assez formateur pour pouvoir intervenir tout seul et de plus c’est contraire à ce que l’on nous dit lors de notre formation, intervenir seul est interdit !
Si cela est le besoins urgent de la gendarmerie, les réservistes volontaire devrait avoir des temps de formation supplémentaire et plus complet.

2 « J'aime »

Bonjour à tous,

Je me permets de répondre à ce sujet car étant réserviste dans le 64, j’ai été amené à travailler avec le GRP.
Tout d’abord, il y a plusieurs points à éclaircir :

Le dispositif avait été essayé dans 3 brigades, aujourd’hui, ça n’a marché que dans 1 seule, soit à cause des relations entre le CB et le GRP soit parce que la mission n’a pas montré grand intérêt ou utilité. Résultat, dans le 64, il n’y a qu’un seul GRP.

Ensuite, comme l’avait expliqué plus ou moins explicitement le DGGN, les armes seront confiés à des « des gens que l’on connait », autrement dit des anciens de l’arme, ce qui le cas.
Le GRP est l’ancien CB de la Brigade où il est ,et, est MIP, issu d’un PSIG, donc en terme de formation, ce ne sera pas des PAX que l’on vient de peindre en bleu, surtout si vraiment la Gie souhaite les envoyer en premier.
Pour un ancien de l’arme qui a conservé toute sa vie (ou presque) son arme de service et en gérait sa gestion, je pense qu’il a l’habitude.

Concernant le GRP, même si au départ il devait effectuer du « bleu » sur des situations délicates en attendant les PAMI, finalement il n’en n’est rien (la réalité rattrappe bien souvent les rêves). La mission qu’il assure est tout autant importante (du moins là où elle a trouvé son public), car il assure de la prévention de proximité et du renseignement, ainsi qu’un contact fort avec la population et les commerçant, j’ai été impressionné par la proximité avec les commerçants et les locaux avec ce GRP.

Cette expérience et ce retour positif a même valu au GRP de recevoir le Cdt de la RGNA et le Cdt des réserves et de la jeunesse qui l’ont suivi pendant sa patrouille et qui entre deux dégustations de foie gras et de jambon ibérique, ont été conquis par le concept qui finalement n’est pas d’intervenir sur des situations délicates mais plus sur la résolutions de conflits entre les commerçant par exemple, il joue plus le rôle de médiateur que de « patrouilleur à l’américaine » seul dans son VL ou à sa maison à attendre un appel du COG.
Il fait ce qui est maintenant très difficile pour les « brigadiers », faire du contact de proximité pur et dure.
Contexte oblige également, c’est lui qui s’est chargé des procurations dans la brigade, évitant ainsi à ces camarades cette charge supplémentaire.

Néanmoins, je vous rejoins sur vos inquiétudes, un gendarme, même avec toute l’expérience du monde n’est jamais en sécurité, même à deux, même à trois…
Ce concept marche particulièrement bien car c’est une petite ville touristique avec un centre ville concentré et des touristes tout au long de l’année, je doute que dans des villages reculés le GRP ait autant d’impact que ça, et pourra se retrouver dans des situations délicates qui sont plus dangereuses que un simple conflit entre commerçants ou touristes qui se marchent sur les pieds.

Personnellement je pense que cela dépend de pleins de facteurs pour que cela marche bien et ça sera au cas par cas.

4 « J'aime »