Gendarmerie de l'Air et de l'Espace - Retex

Je vous écris ce retex pour vous partager mon expérience en Gendarmerie de l’Air et de l’Espace.

Mon but ici est de vous exposer cette gendarmerie spécialisée telle qu’elle est, de mon point de vue de GAV et du point de vue des sous-officiers que je côtoie.

Je vais m’appuyer sur ce que je vis ici depuis 1 an dans ma Brigade, cela peut varier selon les brigades, même si à ma connaissance toutes les Brigades de Gendarmerie de l’Air et de l’Espace (BGA) sont très similaires.

1 - Qu’est-ce qu’une BGA (Brigade de Gendarmerie de l’Air)

  • Une BGA est une unité spécialisée de la Gendarmerie nationale (qui n’appartient donc ni à la Gendarmerie départementale, ni à la Gendarmerie mobile ni à la Garde Républicaine).
  • Une BGA est une brigade de Gendarmerie qui travaille au service de l’Armée de l’Air et de l’Espace
  • On trouve donc des BGA sur la très grande majorité des Bases Aériennes Françaises, en métropole, en Outre-Mer et à l’étranger. (un total de 42 BGA)
  • « la gendarmerie de l’air a pour mission la sûreté et la protection des bases aériennes, la police judiciaire et les constatations en matière d’accidents d’aéronefs militaires. »
  • Enfin, la gendarmerie de l’Air dispose de sa Propre Section de Recherche, compétente en matière d’accidents d’aéronefs militaires et d’incidents judiciaires sur les emprises de l’Armée de l’Air.

2 - Le boulot d’un Gendarme de l’Air

  • Le travail principal d’une BGA consiste à contrôler les accès des bases aériennes, on appelle cela le filtrage. Ce travail revient aux Gendarmes Adjoints Volontaires. En pratique, cela consiste à rester de jour comme de nuit dans une guérite et à contrôler les Identités des personnes et des véhicules souhaitant accéder à la Base Aérienne. Sur certaines bases aériennes, l’armée de l’Air fait appel à des sociétés privées pour assurer le filtrage, dans ce cas-là, la BGA n’aura que peu ou pas de GAV.
  • La BGA est aussi chargée d’assurer des patrouilles de surveillance sur la base aérienne, ainsi que dans les communes jouxtant la base.
  • La BGA est chargé de contrôler le respect du règlement militaire sur la Base Aérienne, et tout particulièrement en matière de circulation des véhicules. Pour cela, les gendarmes de l’Air procèdent régulièrement à des contrôles de vitesse, d’alcoolémie et de stupéfiant sur les militaires et les personnels civils de la base aérienne.
  • La BGA recueille et traite les plaintes des militaires de l’Armée de l’Air. Il y a donc quotidiennement un planton à la Brigade.
  • Les gendarmes de la BGA sont donc chargés des enquêtes liées à ces plaintes.
  • Enfin, la BGA est chargée des escortes de matériel sensible (armement, munitions, etc). Pour les petits trajets, ils seront faits directement par les gendarmes des BGA, mais pour les longs trajets, la Gendarmerie de l’Air dispose de plusieurs Brigades Motorisées de l’Air, spécialisée dans les escortes.
  • Il existe également une cavalerie de la Gendarmerie de l’Air, mais l’effectif est minime, et je ne connais pas leurs missions.

3 - Les spécificité de la gendarmerie de l’Air

  • placée sous emploi auprès de l’Armée de l’Air, la gendarmerie de l’Air récupère quelques spécificités. La plus visible est je pense, la tenue de cérémonie. Les Sous-Officiers et Officiers de la gendarmerie de l’Air portent quasiment la même tenue de cérémonie que les militaires de l’Armée de l’Air avec notamment le port du poignard à partir du grade d’Adjudant, et de la casquette à la place du képi.
  • dans le même esprit, sur les fourreaux d’épaules des gendarmes de l’Air, le Charognard des aviateurs remplace la grenade.
  • la Gendarmerie de l’Air est découpée en 3 groupements (Nord et Sud, et Balard)
  • d’un point de vue de l’armement, la gendarmerie de l’Air est armée par l’Armée de l’Air, et utilise donc comme arme de service le PAMAS G1 (progressivement remplacé par le Glock 17) et comme armement collectif le HK416 (certaines BGA sont peut-être encore au FAMAS). En venant en gendarmerie de l’Air, vous serez donc formé à l’usage de ces armes.

4 - Les avantages et inconvénients du gendarme de l’Air (du point de vue d’un GAV)

  • la Gendarmerie de l’Air profite sur plusieurs points des infrastructures de l’Armée de l’Air
  • les bases aériennes disposent d’une salle de sport en libre accès ainsi que d’autres infrastructures sportives (piscines, gymnase, piste d’athlétisme…)
  • les bases aériennes disposent d’un Mess, où les Gendarmes de l’Air peuvent manger sans frais. En contrepartie, les GAV en gendarmerie de l’Air ne touchent pas la prime alimentaire.
  • les bases aériennes disposent de nombreux club d’activité (équipe de sport collectif, club de tir sportif, activité culturelle, apiculture…) que vous pourrez rejoindre à prix très intéressant.
  • le logement des GAV se fait dans des chambres individuelles, souvent petites et vétustes. Pour ma part, dans ma chambre j’ai un lit, un bureau, un placard et une douche. Les toilettes sont en commun sur le palier. Vous n’aurez pas de cuisine à disposition.
  • l’armée de l’Air emploie des femmes de ménages civils qui passent quotidiennement dans les chambres. Elles s’occupent également de laver les draps de lit de ceux qui choisissent d’utiliser les couvertures et draps fournis par l’armée.
  • les gendarmes de l’Air comme tous les militaires de l’Armée de l’Air touchent une Indemnité de Sujétions d’Absence Opérationnelle (ISAO) lorsqu’ils travaillent de nuit (23h à 6h), c’est à dire très régulièrement.
  • la gendarmerie de l’Air propose régulièrement des appels à Volontaires pour des missions de 3 mois en outre-mer ou en OPEX, actuellement accessible uniquement aux sous-officiers.

Voilà, je pense avoir été assez complet sur ce RETEX.

Je souhaiterais juste conclure en disant que si la situation des Gendarmes de l’Air en séduit plus d’un en fin de carrière, pour la tranquillité du poste, je ne la recommande à personne en début de carrière et particulièrement pour les GAV. Le boulot en lui-même n’est pas passionnant, en tant que GAV ou gendarme, la mission principale consiste à monter le poste de sécurité, ce qu’on appellera vulgairement « garde barrière ». Vous ferez une amplitude horaire énorme, avec un boulot rébarbatif. Si cela peut être l’occasion pour certain (et ça a été mon cas) de préparer un concours ou un examen, la plupart de ceux qui viennent ici en tant que GAV viennent choisi par le classement, ou par rapprochement géographique, et le regrette.

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Merci pour ce RETEX !
Je suis réserviste en Départementale et j’étais curieux de voir un aperçu des missions de la Gendarmerie de l’Air car il semble qu’ils emploient aussi des réservistes. Essentiellement de la garde pour un militaire du rang du coup…

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RETEX intéressant : ça me rappelle quand j’étais de l’autre côté, patron des Cocoyes :smiley:
C’est vrai que le filtrage est peu intéressant (les patrouilles dynamiques de nuit pour les Cocoyes, c’est mieux). Les Commandos de l’Air fournissent un protège-filtreur pour binômer le GA (sauf si ça a changé), mais on faisait tourner vu que c’est un peu la mission pot de pue côté AA aussi …
Néanmoins, pour avoir fait des « attaques de base » (comprendre, tester la sécurité d’une base aérienne autre que la nôtre), le filtreur est un poste clé de la sécurisation de l’entrée Base. Mais qu’est-ce que c’est chiant … :slight_smile:

La sécurisation des convois d’armement jusqu’à la BA, la prise de rens auprès du voisinage (agriculteurs notamment), les recherches de stup et le respect du code de la route sur la BA et la longue ligne droite qui précède l’entrée, tout ça ça change.
Et ce qui change mais qui n’est pas marrant à vivre : le crash d’avion …

Merci encore pour le RETEX. La BGA, c’est une composante indispensable du fonctionnement de l’AA.

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Il y a effectivement des réservistes en Gendarmerie de l’Air, mais principalement des anciens Sous officiers de gendarmerie de l’Air, actuellement en retraire.

Dans ma brigade on en a 4 : un GND, un ADC et deux Majors. Leurs missions sont les mêmes que les GAV malgrés leur grade.

On fait principalement appel à eux lorsque la brigade a un manque imprévu de GAV (arrêts maladies) ou lorsque beaucoup de GAV sont en permission ou en repos.

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Sur ma Base Aérienne il n’y a actuellement pas de Protèges Filtreurs dans la journée, car nous sommes déjà deux gendarmes équipés avec casque et gilet lourd à portée de main. Une équipe de 4 Cocoyes viens nous appuyer aux heures de pointes.
Deux militaires de l’AA assurent la nuit, sans aucun gendarmes.

Mais c’est encore entrain de changer et de toute façon ça varie d’une base à une autre

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