Le renseignement territorial en gendarmerie

Bonjour,

Je crée ce sujet dans le but d’en savoir plus sur la réalité des unités de gendarmerie spécialisées dans le renseignement territorial.

J’ai récemment passé le concours SOG externe (mars 26), et je souhaite intégrer la gendarmerie car l’institution combine formation militaire et proximité à la population. Je suis en premier lieu attiré par la polyvalence du métier de gendarme en brigade, et veux donc rejoindre la gendarmerie départementale.

Cependant, je m’intéresse depuis très récemment au RT. En faisant mes recherches, j’ai eu l’impression que ce domaine est beaucoup plus développé en police qu’en gendarmerie (lié à la répartition territoriale ?). Je suis tombé sur les SCRT de police, et je cherche l’équivalent gendarmerie, avec ce travail de surveillance de terrain et préventive sur des cibles dangereuses types terro.

J’ai tout de même trouvé les unités de gendarmerie pertinentes :

  • BR et SR bien sûr
  • BDRIJ
  • ART…
  • Je précise que je ne m’intéresse pas aux GOS et à la FOR, qui me paraissent avoir une dimension intervention ++ qui me correspond moins, ou exiger une disponibilité que je ne suis pas sûr de vouloir fournir (GOS notamment).

Je m’interroge donc sur le travail des unités citées, surtout les BDRIJ et les ART (très peu d’infos dispos). Je suis preneur de toutes infos ! Pour les BR/SR j’ai l’impression que c’est un travail plus technique et scientifique, type Identité Judiciaire en police, mais je me trompe peut-être.

Dans le cas où le RT serait un domaine beaucoup plus développé en police, je pense à passer le concours de GPX, quitte à refuser mon entrée en gendarmerie si j’étais admis, mais ce n’est qu’une hypothèse et ça ne m’enchante pas vraiment, l’aspect militaire étant pour moi important.

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire, n’importe quelle info solide sur le sujet m’aiderait grandement à y voir plus clair !

Raphaël

Up !!!

Bonjour,

difficile de parler et d’évoquer avec précision sur un forum public le fonctionnement des différents services de renseignement du ministère de l’intérieur. Effectivement, la très grande majorité des effectifs de ces services viennent de la PN. Si une carrière dans le renseignement te tente, pour y parvenir, mieux vaut effectivement passer le concours de GPX. Des officiers et commissaires y travaillent aussi. Après, il faut te demander ce que tu veux réellement y faire, il n’y a pas que de la surveillance et filature. Jette un oeil au site de la DGSI et à la page des RT si ce n’est pas déjà fait, tu y trouveras aussi des informations :

Merci beaucoup pour ta réponse. J’ai jeté un coup d’œil aux “portraits” de la DGSI, c’est intéressant, niveau parcours en particulier.

Pour les RT par institutions, il me semblait bien que le domaine est bien plus développé en police. Peut-être dû au contexte urbain ++ ? J’avais bien vu les unités de gendarmerie, mais ça semble soit très Inter (GOS, FOR), soit très criminalité organisée (SR, BR).

Moi ce qui m’intéresse plus c’est le terrorisme, les mouvements violents, donc sûrement plus police. Donc merci bien !

Autre question mais sur la police, je ne sais pas si il sera possible d’y répondre : dans quelle mesure les officiers sont ils sur le terrain dans ce genre d’unités ?

Dis-toi que les gendarmes travaillant dans les services de renseignements sont très peu nombreux (c’est même presque une anomalie statistique je dirais :sweat_smile:). Cependant il en faut car ces services recouvrent les deux zones de compétences (PN et GN) et les deux institutions doivent être présentes. La DGSI s’occupe principalement “du haut du spectre” de la menace, tandis que les RT ont un très bon ancrage local dans les territoires, même s’il existe des antennes de la DGSI en région. Il existe d’autres services de renseignements, par exemple la DRPP pour la préfecture de police de PARIS, la DRM pour l’armée, TRACFIN pour les finances…

Le contexte urbain, pas vraiment : les menaces sont très mobiles aujourd’hui, et même multiformes avec internet et les nouvelles technologies, les ingérences étrangères, les menaces pilotées depuis l’étranger etc. Tu parles de terrorismes et de mouvements violents mais ces notions sont très vagues et représentent divers courants et mouvements, de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par certains écologistes radicaux, les “ultra-jaunes”… Sans compter les extrémistes de n’importe quelle religion…

Les officiers ont principalement des fonctions de commandement, de gestion de service. Comme dans les autres services de police, ils sont peu sur le terrain, ce n’est pas leur rôle et n’en ont pas forcément le temps. Si le terrain t’attire, passe le concours GPX, c’est l’idéal : une fois en poste, tu seras dehors, tu pourras évoluer en grade au sein du corps d’encadrement et d’application, et tu pourras toujours passer en interne les concours officiers et commissaire.

Sache qu’on fait rarement toute sa carrière dans le renseignement si on est sur le terrain : prépare toi à ne pas avoir de vie et à ne pas compter tes heures, il faut une très grande disponibilité. Tu es intéressé par les surveillances et filatures : c’est énormément d’attente, tu vas passer des journées et des nuits à attendre souvent rien, ou pas grand chose. C’est aussi la raison pour laquelle la plupart des effectifs viennent de la PN : au moins tu peux être payé en heures supplémentaires, alors qu’en GN tu peux t’asseoir dessus, sans compter que tu devras composer avec un logement de fonction disons… souvent défraichi et que tu ne choisis pas. A force c’est usant, tant en PN qu’en GN.

Encore merci pour ces précisions. Effectivement les postes d’officiers ne m’attirent pas, même si j’ai une licence et donc accès au concours externe en police.

Pour l’éternel débat entre gendarmerie et police, je me dis que ça dépend des besoins de chacun : moi j’ai supposé que le côté militaire apporte un sens de l’efficacité et du devoir plus prononcé (mais ce n’est qu’une supposition et je fantasme peut-être). En plus l’aspect très polyvalent de la brigade (tu gères toi même les procédures que tu amorces etc…) m’attire car j’ai l’impression que ça serait la meilleure école pour se faire de l’expérience. Mais j’ai aussi en tête le renseignement, donc la police. Après je sais qu’il existe la passerelle, mais pas avant 4 ans en gendarmerie, et puis je ne sais pas à quel point c’est facilité ou pas, s’il faut repasser par un temps de formation etc… Si tu peux me donner des infos je suis preneur, et je ferai mes recherches pour être un minimum renseigné et conscient.

Alors !

Je n’ai pas les reponses exactes à ce que tu demandes mais je peux préciser pour les unités que je connais.

La BDRIJ c’est un regroupement de diverses unités. Tu vas avoir (en gros) des statisticiens, une unité de TIC (techniciens d’identification criminelle) qui sont en gros les gars en blouse blanche sur les scènes de crimes et les accidents (donc de la police scientifique en gros) et une unité qui fait du recoupement d’infos au profit des BR/SR mais j’ai oublié le nom. Il ne vont pas chercher le renseignement mais ils l’exploitent et essayent de mettre en lien les diverses informations.

BR et SR ce sont des unités de police judiciaire, des enquêteurs. BR au niveau départemental et SR au niveau régional avec des niveau de complexités et de compétences différents. Pas vraiment du renseignement comme tu peux l’entendre puisqu’ils agissent postérieurement aux infractions et non en amont. Et à aucun moment il font de la police scientifique, ils bossent avec des gars qui en font (les TIC donc).

Pour le GOS et la FOR.

La FOR déjà c’est le gign, pour y entrer tu dois passer les sélections GIGN.

Les deux unités, GOS et FOR, on (en gros) les mêmes missions : ils renseignent. Mais évidemment à des niveaux différents. Là où le GOS se cantonne à de l’OS au profit des BR/SR ou offices centraux pour des affaires de moyenne gravité ou dangerosité. La FOR est sollicité pour les affaires extrêmement sensibles ou dont le niveau de dangerosité est bien plus important. (La formation est clairement pas au même niveau aussi).

Par contre, ils n’ont pas de dimension intervention. Je ne sais pas où tu as lu ça mais il n’y a pas de dimension d’intervention. Le GOS c’est uniquement filature, planque, photos, recherche… et la FOR idem. Bon il semble cependant qu’il y a une tendance à vouloir faire de la FOR une unité pour interpeller aussi mais bon.

Dans les faits ce sont les PI de mobiles, les PSIG, les AGIGN ou le GIGN qui interviennent pour chopper les gars.

Après il faut aussi bien voir que tout ce petit monde travaille ensemble !

Par exemple : un enquêteur de SR est DE pour une enquête, il va arriver sur une scène de crimes et les TIC seront là pour les expertises. Il aura le soutien de la BDRIJ pour analyser les informations à sa dispositions. Il pourra solliciter le GOS ou la FOR (selon le degré d’implication) pour suivre un gars. Puis finalement demandera l’interpellation par le PSIG, un PI ou le GIGN. Le tout suivi par un magistrat du parquet.

Tu auras largement de quoi faire en gendarmerie niveau renseignements ne t’inquiète pas pour ça :slight_smile: Tu pourras au fur et à mesure de ta carrière rencontrer des gens et poser des questions, découvrir des choses et trouver ton bonheur !

Il n’y a rien de plus ou moins développé chez la Police ou la gendarmerie. L’échelle de travail et la manière de faire est juste totalement différente.

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Ok, merci beaucoup pour ton retour ! Effectivement j’ai le temps de voir, ma priorité dans tous les cas c’est d’abord d’être pris.

Merci pour les infos concernant les différentes unités et la petite mise en scène en exemple, c’est plus clair après ça !

Toi seul peux connaître la réponse entre PN et GN, ce sont d’ailleurs des questions que je me suis posées au moment de passer le concours. Oui, c’est plus carré en GN, mais en PN le statut de fonctionnaire est bien plus confortable que le statut militaire (et quand tu vieillis et que tu as une vie de famille, c’est appréciable). J’apprécie beaucoup la Gendarmerie, j’y ai de très bons amis on se charrie énormément entre les deux maisons, l’essentiel c’est de trouver sa place.

En ce qui concerne la passerelle, attention : elle est uniquement ouverte entre les grades de GND (de carrière si je ne me trompe pas) et de GPX (statutaire), donc prudence concernant une prise de grade “rapide”, ça pourrait t’en fermer la porte. Sache qu’en général, elle est bien plus souvent prise dans le sens GN vers PN. Chaque année en novembre, les postes disponibles sont publiés sur l’intranet de la police nationale : c’est une liste par région des postes disponibles en départementale mais aussi en mobile. Tous les départements ne sont pas représentés, c’est aléatoire d’une année à l’autre, et je ne sais pas comment ni qui décide d’ouvrir un ou des postes pour un détachement. Quand tu décides de postuler, il me semble qu’il y a un oral ou un entretien pour définir tes motivations, et bien évidemment, ton dossier est épluché. Ensuite, en cas de réussite, tu dois faire un passage obligé de plusieurs mois en école avant de rejoindre ton affectation. Il s’agit d’un détachement de quelques années : au bout de ces années, tu peux soit retourner dans ta maison d’origine (donc PN ou GN), soit tu choisis de rester définitivement dans l’autre maison.

Comme Corentin7 l’a dit, il n’y a aucune maison meilleure que l’autre : ce sont des modes de fonctionnement différents. Forcément, le côté militaire sera toujours plus carré, personnellement, je trouve ça trop rigide, c’est parfois un frein, même si pourtant, je suis moi-même très carrée et mes collègues me disent souvent '“arrête de faire ta gendarme” :sweat_smile: Il faut savoir que la PN a beaucoup évolué ces dernières années, pourtant elle souffre très régulièrement de son image, souvent à tort… Il faut savoir que la PN c’est 80% de la grande criminalité et 70% de la délinquance en France, donc le mode de fonctionnement est forcément différent de celui de la GN : chez nous, impossible de traiter une procédure de A à Z par toi-même.

Tu as toutes les cartes en main pour te décider :slightly_smiling_face: Tu as une licence, c’est bien, quel que soit le concours, c’est un atout face au jury, qui préfère un candidat avec un “diplôme +1” par rapport à ce qui est demandé, ça prouve que tu ne te contentes pas du strict minimum pour passer le concours.

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Encore une fois merci pour ta réponse ! Étant jeune, sans famille à charge et sans expérience dans les forces de l’ordre, je me dis que s’il y a bien un moment où je ne dois pas compter les heures c’est maintenant. Et puis je brûle d’envie de me faire mon propre avis sur la vie de militaire dont on m’a tant parlé. Je pense donc que j’irai malgré tout en gendarmerie.

Une question cependant : les officiers de gendarmerie ne peuvent pas prendre la passerelle, quid des gendarmes OPJ ? Est ce qu’avoir l’OPJ ne serait pas un frein pour que le dossier soit accepté, dans la mesure où la gendarmerie manquerait d’OPJ et essaierait de les conserver autant que possible ?

Donc passe le concours SOG, plus rien ne te retient :wink: je te conseille d’aller au-delà des belles images et vidéos de recrutement, parle avec des gendarmes, pose leur des questions, tu auras une vision bien plus réaliste que ce propose la communication officielle.

Pour la passerelle, être OPJ est un atout, de nombreux services de police en ont besoin et en recherchent, et chez nous, son obtention n’est pas obligatoire pour évoluer en grade : je connais des majors APJ par exemple. Cependant, ne passe pas le concours SOG uniquement dans l’optique de prendre la passerelle par la suite, ce serait partir sur une mauvaise base. Construis d’abord ton parcours dans la GN, gagne de l’expérience, fais-toi la main sur le travail de brigade, gère tes inters en sécurité et écoute les plus anciens que toi, tu vas beaucoup apprendre.

Comme précisé dans le premier message j’ai déjà passé le concours SOG, je suis en attente des résultats. Merci beaucoup pour ces réponses riches en infos, hâte de passer à la prochaine étape !

Avec plaisir, et bonne continuation dans ta future carrière j’espère

OPJ c’est une qualification qui ne peut que te servir.

Mais effectivement au vu du manque on va essayer de te garder. Mais c’est plus dans les mutations internes que tu pourrais potentiellement être un poil freiné. Par exemple tu auras peut-être un peu plus de mal à partir de la région où tu as passé l’OPJ (puisque c’est la région qui paye ta formation).

Néanmoins évidemment les évolutions et changements de carrière sont totalement possibles :wink:

Entre la PN et la GD je vois pas trop en quoi ça poserait pb, au contraire ce serait sans doute un atout.

Mais effectivement, ne rentre pas en GD en étant dans l’optique de changer par la suite :slight_smile: laisse toi plutôt porter par ta carrière, fait ce qui te fait kiffer et tu verras ! Il y a de magnifiques unités et de superbes opportunités (même à l’étranger) dans les deux institutions !

Oui, je me disais aussi que voir au fur et à mesure est sûrement la meilleure approche, mais je réflechissai quand même aux possibilités, surtout en préparant l’oral du concours. Je pense contacter l’amicale de la SR du coin, le CIR etc pour recueillir le max d’infos et de points de vue.

En tout cas merci pour ces conseils, qui m’aident vraiment à me faire une meilleure idée des options envisageables pour, peut-être, ma future carrière. Je te remercie !

Raphaël

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