Bonjour à tous, ceci est mon premier post et je pense qu’il pourrait aider les candidats dans leur préparation, les rassurer ou peut-être s’imaginer le concret du concours externe ![]()
(Par avance, je m’excuse pour ceux qui aiment l’écriture inclusive car il n’y en a pas dans ce récit. Néanmoins, je pense que tout le monde peut s’y retrouver)
Tout commence au dépôt du dossier : on est en Janvier 2025, j’ai réfléchi à ma décision depuis 2 ans et maintenant je me sens prêt : je veux candidater au concours de gendarmerie. Je commence à attendre l’ouverture des candidatures sur le site de la GendarmerieRecrute et commence à sonder des connaissance qui sont sorties d’écoles. J’aborde ce concours avec beaucoup de pudeur : je ne veux pas en parler à mes proches, je suis gêné, j’ai très peur de l’échec et le fait d’en parler , supporter l’attente, les questions répétitives « alors le concours » « quand est-ce que tu passes les épreuves » etc. , voire même un échec et devoir attendre 1 an de plus… ce sont des idées qui m’orripilent et je me contente de prendre mon mal en patience
La première épreuve est une dissertation (composition de culture générale si vous préférez). 3 heures, un sujet, du brouillon et des copies blanches. Autant dire que les années de lycée et les études supp’ sont loin derrière moi et ma dernière dissertation remonte à 2018….(épreuve de philo, science économie sociale, histoire géo…). Ayant connaissance de cette note éliminatoire de 6/20, j’établis une stratégie avec un fil rouge sur ma préparation :
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me remettre à jour sur la méthodologie d’une dissertation : je suis convaincu que c’est la base de tout pour éviter le hors sujet et montrer sa capacité à organiser ses idées, analyser…
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Me cultiver : c’est quelque chose que l’on perd très vite à notre aire du digitale, l’essor de « l’iA » à toutes les sauces… on vit dans un monde où tout nous semble facilité et se remettre dans une dynamique d’apprentissage avec la routine boulot / sport / activité extra professionnelle… c’est pas très simple
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Pratiquer : me pondre des sujets au hasard avec des thématiques (environnement , économie, social, technologique…) et rédiger partiellement des rédactions, faire des plans ou encore des brouillons
J’ai donc acheté un bouquin qui m’a paru plutôt utile publié par DUNOD « Sous officier Gendarmerie ». A cette période, je savais que je ne l’exploiterai pas pleinement mais je suis certain que ce sera un bon outil de travail. En parallèle, je me suis aidé de ChatGPT pour me proposer des éléments de correction, des sujets et aussi me corriger. Quand on est seul, je pense que l’IA peut être très utile, à condition de la maîtriser et pas se laisser dépasser par l’assistance, la reformulation systématique et surtout de bien fixer le cadre de la conversation (le « prompt » pour les spécialistes »).
S’ensuit un été pas toujours enjoué : je rentre le soir du travail, je m’entraîne pour un semi marathon ou bien je bachotte et je dors Autrement, je profite de mes longues heures de route domicile - travail pour écouter des podcast, des vidéos YouTube qui touchent au sujet de la gendarmerie, de l’institution ou l’actualité (merci HugoDecrypte et Les Coulisses Des Forces sur YouTube).
Un peu plus tard je reçois un courrier avec une en tête Marianne (mince encore une amende). Au final , c’est ma convocation à l’épreuve de dissertation.
25 Septembre 2025 : le lieu d’examen est rempli de gendarmes, je ressens de l’excitation , ça y est , j’y suis ! Je suis tellement enjoué que je dis bonjour à tous les gendarmes que je croise… faut dire que le dispositif était très bien encadré et sécurisé. J’entre alors dans un énorme hall avec un nombre incalculable de tables et de candidats. Ambiance solennelle, stricte, consignes, et on y va.
Sujet : L’énergie nucléaire : atout pour l’avenir ou danger pour l’environnement
Je sors du Hall rincé émotionnellement, transpirant mais avec le sentiment d’avoir composé avec méthodologie et d’avoir tout donné. Je n’avais jamais été aussi concentré et dans ma bulle depuis un moment.
17 Octobre 2025 : Je suis en route pour des funérailles d’une amie qui est partie dans de tragiques conditions. Le trajet est éclairé par les résultats publiés : je suis dans la liste des 5 500 (ouf, moi qui avait le chic pour les hors sujets et les maladresses, je me sens rassuré).
14 Novembre 2025 : je reçois la convocation pour la deuxième partie des épreuves. Le mail contient la convocation, certificat médical, liste des pièces à fournir, coupon réponse pour confirmer sa présence etc. L’excitation monte et je suis encore plus enjoué à l’idée de passer les autres épreuves.
Pour ma préparation, j’imprime le parcours de l’épreuve de sport dans ma tête avec les vidéos sur YouTube : il m’a l’air très facile, je suis même surpris du niveau attendu. Étant un (mauvais) coureur et un ancien footeux, reconverti aux sports de combat et la gonflette, je suis convaincu que ce sera facile alors je me concentre sur ce qui peut être le plus piégeur : moi-même. Mon expression, mes sentiments, mon discours. Je suis quelqu’un d’émotif et je ne veux pas céder face à mes interlocuteurs en m’embarquant dans mes idées.
Je décide donc de poser sur écrit des réponses que mon cher ChatGPT me pose dans des entretiens fictifs :
Pourquoi la Gendarmerie / Mes projets / Questions délicates / Mes connaissances sur la gendarmerie etc.
Et ensuite, pendant des semaines, je « m’amuse » à parler seul dans ma voiture, à répondre à ces questions. Cela m’a permit de comprendre ce que je voulais, m’imprégner de mes ambitions et surtout maîtriser mon discours.
28 Janvier 2026 : j’arrive sur la ville des épreuves. Je fais mes courses, je m’installe dans mon AirBnB. Je me remets en tête les derniers éléments des épreuves et dodo.
Le lendemain, j’arrive devant le centre d’examen : nous sommes accueillis par des gradés peu commodes, fermés. Nous sommes une dizaine. On nous fait suivre plus tard dans une pièce pour procéder aux formalités administratives ( CV , pièce d’identité etc) et ensuite on nous guide vers un gymnase.
Un gradé + un autre gendarme en survêtement nous présentent les ateliers, nous rappellent les consignes et font (un peu trop) de prévention « attention c’est cardio » « y’en a qui vomissent à la fin ! » .
Nous passons dans l’ordre alphabétique , le suivant se met en attente derrière un rideau et tous les autres se mettent dehors à s’échauffer (quelle que soit la météo donc prévoyez plusieurs baskets voire vêtements !).
Je vois les candidats ressortir , certains en échec d’autres en réussite … je commence à me poser des questions sur ce parcours que je n’ai jamais essayé (à part lors de la démonstration où on nous autorisait à nous calibrer etc).
C’est parti, je fais l’épreuve sportive. Je termine comme j’ai commencé : tranquille, en maîtrise… À la fin, je bombe le torse, fier de moi. Le capitaine se dirige vers moi avec un visage aux traits sombre , chrono en main « qu’est-ce qu’il me veut ? Il me trouve trop arrogant ?? »
4’09, 09/20. Je tombe des nues. Je prends une claque. Le capitaine me fait comprendre que j’aurai du courir VITE et pas trottiner. C’est tout à fait vrai. Et je regrette car à ce moment là, je ne connais ni ma note en dissertation et je peux me louper le lendemain lors des entretiens. Le sport est Coeff. 3 , l’oral Coeff. 7, sachant que je ne suis pas toujours à l’aise à l’écrit, je suis abattu. Je sors dépité. J’ai le sentiment d’avoir creusé ma tombe. J’en vois d’autres qui sortent , dont l’un en vomissant (à ce moment, je me dis que j’aurais dû vraiment m’arracher et que j’aurais dû sortir tremblant et épuisé comme les 2 garçons qui sont passé après moi). Un candidat avait eu 8/20 l’année passée et venait d’avoir 20/20 ce jour-là. A ce moment je me fais à l’idée et commence à accepter l’échec et le fait de devoir patienter une nouvelle fois.
Quoiqu’il en soit, je retiens que j’ai sous-estimé l’épreuve, qui , selon nos antécédents sportifs peut-être facile mais qui peut vite tourner au calvaire voire à l’élimination si l’on manque de concentration ou de préparation.
Je rentre le soir dépité, perturbé par mon manque d’humilité et de sérieux. J’ai peur pour ce qui arrive le lendemain
30 Janvier 2026 : nous sommes accueillis dans une salle peu avenante. Les candidats sont tous appelés rapidement par des gradés ou des psy… certains même en reviennent : on se demande à quelle sauce on va être mangé !
Pour ma part je commence l’entretien psy : il semble durer nettement plus longtemps que prévu, je me demande si c’est positif. On me questionne sur mon passé, on recherche des traumatismes, de l’instabilité chez moi, de la peur éventuellement, ce qui me passionne dans la fonction, mes projets. Cet entretien est « dangereux » pour ceux qui sont bavards et laissent leurs idées se développer librement à l’oral. Il faut savoir poser des limites tout en restant naturel et franc.
Ensuite vient l’oral : je me présente devant mon jury composé de 2 personnes. Je tire un des dix papiers sur la table. « La mondialisation est-elle un atout pour les pays en voix de développement » (purée il faut déterrer les cours du lycée). 10 minutes strictement chronométrées me permettent d’écrire un mauvais brouillon confus, avec des idées partiellement argumentées mais avec des exemples. Je me motive dans ma tête et me dis que si la partie « développement » est courte , j’aurai plus de temps pour parler de mon projet car c’est selon moi le cœur de l’entretien. Je choisis de me tenir debout face à mon argumentaire, et me rassois une fois que j’ai terminé pour passer à la seconde partie de l’entretien.
A ma grande surprise, l’oral se déroule exactement comme le décrivent les témoignages et mon cher ami ChatGPT : des questions classiques : lien avec notre expérience pro à la candidature, connaissances de la gendarmerie, fonctionnement, nos qualités humaines au service de la fonction, pourquoi choisir cette institution , etc. Là aussi, l’entretien est strictement chronométré : même si une question est en cours de réponse , 20 minutes c’est 20 minutes. Pas plus. Et le temps nous paraît finalement très court quand on parle avec passion.
27 Février 2026 : Résultats reçus, je suis dans la liste des admis. Je suis soulagé et fête cela avec ma conjointe. J’attends la VM pour l’annoncer à ma famille qui n’est pas au courant de tout ça
03 Mars 2026 : nous recevons ce mail qui annonce que les premières incorpo se feront en Juillet / Août, les courriers institutionnels pour nous confirmer la réussite au concours et les informations pour finaliser le dossier de candidature, en particulier la Visite Médicale, tant redoutée.
En conclusion :
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Sport : il faut un minimum d’agilité, d’endurance , de force et pour ceux qui ont déjà tout ça de la vitesse ! Selon le capitaine qui a guidé nos épreuves de sport, il y’a environ 20 à 30% de pertes des candidats aux épreuves sportives
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Composition de culture générale : il n’y a pas de secret. Il faut de la méthode, s’intéresser à beaucoup de sujets et avoir des idées clés en mains pour chaque thématique. Cela demande donc du temps et selon moi, cela ne se fait pas qu’en 3 mois.
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Entretien psy : restez vous-même mais ne soyez pas trop à l’aise : c’est un entretien dans le cadre d’une candidature à la gendarmerie. N’hésitez pas à vous faire des conversations en solo ou bien avec vos proches en faisant des simulations
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Oral avec jury : même approche que la culture gé : de l’entraînement , et surtout avoir un esprit critique sur sa candidature : connaître ses limites, ses points forts pour mieux rebondir sur les questions du jury. Il faut aussi faire preuve de courage et ne pas se démonter face aux questions déstabilisantes tout en restant humble
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Enfin : anticipez vos inscriptions ! Vous pouvez enchaîner les concours SOG1 puis SOG2 … si vous tenez à moins patienter
04/03/2026 : réception des relevés de notes (je comprends ce qui m’a sauvé…)
Depuis, je suis dans un état d’esprit qui navigue entre excitation la plus complète , impatience et détachement pour ma vie dans le civil. J’ai aussi envie de profiter le plus possible de ma famille, mes amis, ma conjointe avant que tout ne change.
J’ai désormais hâte d’être en école, au point d’en avoir le sommeil perturbé
Plus qu’à attendre la VM. J’ai préparé tout cela avec beaucoup d’émotion, de passion et j’espère autant en vivre dans ma fonction plus tard. Bon courage aux futurs candidats !
D’autres questions sont plus présentes à mon esprit : comment vais-je m’en sortir en école, vasi je changer d’avis sur les subdivisions d’armes, vais-je toujours avoir le même engouement pour certaines unités, l’intégration dans la compagnie sera-t-elle agréable, comment ma conjointe va supporter l’éloignement , quid de mes projets de famille… ? La liste est longue…on sera tous dans le même bateau !
bientôt j’espère…
Voilà je pense avoir enfoncé des portes ouvertes mais je pense que ce genre de récit peut aider certains à mieux cerner leur candidature et se projeter, j’espère avoir été utile et ouvert à toute question ! Si vous souhaitez ouvrir des sujets, poser des questions , faites ! ![]()